mercredi 16 juillet 2008

Wouéééé une chronique

Hum, quel sensation délicieuse de revenir ici avec une chronique, une vraie!
Une histoire inventée de toutes pièces à partir de ma vie, de celle des autres, maquillée déformée transformée pour qu'il n'en reste qu'une fiction.

Alors je vous préviens tout de suite, pas la peine de chercher les références, de vouloir dissocier le vrai du faux, de prétendre avoir trouver un anagramme parce que j'y ai passé suffisamment de temps (4 jours) pour que rien ne soit vraisemblable.
Bien sur, il est tout de même une personne qui comprendra tout. J'adôre faire ça.

Oh, et j'espère que vous avez dix bonnes minutes devant vous, parce que c'est long.



Le garde du cœur.

J'ai froid. J'ai froid malgré le liquide tiède qui s'écoule de mon ventre vers le sol sur lequel je gis. Putain ça fait mal. Heureusement ça ne devrait plus être long maintenant, mais pour le peu de temps qu'il me reste, je vous jure que je déguste.

En plus c'est ma faute si je suis dans cette position, dans cet état. J'ai blessé une fille alors je le paye au tarif en vigueur. Œil pour œil, dent pour dent.

Je vais employer les quelques minutes qui me sont encore imparties pour vous raconter comment j'en suis arriver là.

Vous croyez aux forces supérieures? La bonne étoile, les anges gardiens et tout les trucs débiles supposés nous protégé du mal… Oui bien vous devriez commencer à y croire messieurs. Je dis messieurs parce que les filles ne sont pas vraiment concernées par cette menace. Et oui, je dis bien menace parce que si vous n'y faîtes pas attention, vous finirez peut-être à ma place. Cette menace a un nom.

On les appelle les Gardes du Cœur.

J'ai vu le Garde de Sanja pour la première fois suite à une dispute insignifiante, lors d'un apéritif entre amis. Nous étions sorti sur sa terrasse pour discuter à l'abri des oreilles indiscrètes. Légèrement alcoolisés, une conversation anodine avait dégénérée en un conflit oculaire d'aucun d'entre nous n'entendait perdre. Question d'orgueil, de principes.

Nous nous fixions l'un l'autres depuis un moment et il était devenu clair que le premier à ne plus soutenir le regard de l'autre serait déclaré vaincu. Nos visages espacés de quelques centimètres, je pouvais voir ma propre image dans ses yeux tant ils étaient brillants de colère. J'en étais là, oubliant presque le sujet de notre altercation lorsque je le vis se lever derrière moi.
Tout de noir vêtu, étant apparu dans mon dos comme un chat. Le visage caché, ne laissant entrevoir que ces yeux, les mêmes que ceux de la personne qui me faisait face. Il tenait un katana à bout de bras, comme un poignard dont la pointe vint se posée à la base de ma nuque. Un frisson me parcouru le dos au moment où je faisais volte face. Rien. La terrasse était vide.

Sanja, sachant qu'elle venait de gagner notre petite bataille ricana dans les aigus, signe de victoire chez elle, et me gratifia d'un "alors tu vois bien que j'ai raison".
Elle ne vit pas mon visage déformé par la terreur car lorsque je tournais enfin la tête dans sa direction, elle avait déjà pris celle de la salle à manger où se tenait le reste des invités.
Je la suivis du regard et eus encore le temps de distinguer une anomalie dans l'ombre qui se projetait à ses pieds. La silhouette noire était bien la sienne, bougeant en accord avec sa maîtresse, mais semblait porter quelque chose en bandoulière.

Respirant difficilement, je m'interrogeais sur le sens de cette apparition pour le moins étrange.

Je ne suis pas le genre de personne avoir des visions, surtout lorsque je plonge mes yeux dans ceux de Sanja. Je sais exactement ce que je dois y trouver : de la colère, de la joie, de la déception, mais pas un Ninja pointant son arme dans mon dos.

Alors j'ai fait ce que tout être normalement constitué aurait fait : je suis allé sur Internet et j'ai fait une recherche sur Google!
J'ai tapé la phrase suivante, laissant le soin à Google de relever les tags importants : "pourquoi ai-je vu un guerrier ninja pointer son arme sur moi dans les yeux de ma meilleure amie, lors d'une dispute entre nous?"

Et voici ce que la Pythie moderne m'a répondu, par le biais d'un site sur les divinités asiatiques.

Les Gardiens de Zao

1/ Histoire :

Les Gardiens de Zao ou Garde du Cœur, sont l'incarnation de la déesse Japonaise Zao, représentée le plus souvent par un chat.

La légende raconte que Zao, femme de l'empereur, réveillée par les miaulements d'un chat, aurait découvert que son mari la trompait tous les soirs avec une femme différente, la tuant au petit matin avant de retourner dans le lit conjugal.

Se sentant à la fois trahie par son époux et responsable de ces morts atroces, l'impératrice fit présent d'un membre de son armée personnel à chaque femme du pays, le chargeant spécifiquement de la sécurité de ses sujettes.

Agacé par ce manège ridicule, l'empereur fit assassiner sa femme et dissoudre l'armée impériale.
En laissant leur maîtresse se faire tuer, les soldats avaient failli à leur mission. Ils offrirent alors leur âme à l'impératrice devenue déesse.

Ainsi naquit la légende des Gardiens de Zao dont l'unique but est de protéger les femmes de la cruauté masculine.

2/ Mission :

Ils sont chargés de rétablir la balance en faveur du "sexe faible".

Ils sont la carapace, la répartie, l'arme personnel des femmes. Elles n'en n'ont pas conscience car ils sont invisibles à l'œil humain.

Leurs manifestations sont des plus diverses : d'une manière générale, ils murmurent tel une muse les mots qui font mal à l'insolent qui agresse injustement leur protégée.

On relève de par le monde et au fil des ans un petit nombre de sujets masculins présentant des dommages corporels – rupture d'anévrysme, saignements spontanés, noyade d'un sujet sachant nager – ayant entrainés la mort.

3/ Exception :

Il arrive cependant, dans le cas d'une femme ayant beaucoup souffert, que l'Aura d'un Garde du Cœur soit visible aux yeux d'un sujet masculin, pourvu que la connexion entre ce dernier et la protégée du garde soit très forte. Il n'apparaît pourtant jamais de manière directe et aucun cliché n'a jamais prouvé leur existence tangible.

Depuis notre rencontre, Sanja m'avait confié beaucoup de ses secrets, de ses peurs. Je connaissais les tenants et les aboutissants de ses relations amoureuses et j'avais découvert sous un blindage à toutes épreuves, une personne fragile à qui la vie n'avait pas fait des masses de cadeaux. Je l'écoutais pendant des heures avec attention et lui livrais sinon mes conseils, mes impressions. Mon avis avait acquis de l'importance à ses yeux et j'essayais de ne pas la décevoir, sans pour autant lui mentir ou la ménager.

Nous étions très différents et pourtant complémentaires, suffisamment pour que je puisse voir son Garde.

Au cours des semaines qui suivirent ma découverte, j'eus l'occasion de revoir son Garde du Cœur à plusieurs reprises.
Sur la terrasse d'un café, il était dans le reflet d'une table en verre lorsqu'elle envoya chier un serveur qui lui faisait de l'œil. Au Comptoir des Cotonniers, pour l'achat de son manteau annuel, il se tenait dans un miroir près de la cabine d'essayage, me signifiant du regard que j'avais intérêt à donner le bon avis lorsque elle sortirait vêtu du manteau rouge dont elle rêvait depuis plusieurs mois. Je n'eus pas à me forcer, il lui allait à ravir.
J'appris peu à peu à l'apprivoiser, naturellement. Il apprit doucement à ne plus se méfier de moi puisque je jouais cartes sur table. Nous coexistions de manière pacifique.

Puis ce qui devait arriver, arriva. Je tombais amoureux d'elle alors qu'il avait clairement été convenu que "pas de ça entre nous"… surtout pour elle.

Sanja et moi passions des nuits entières à regarder des séries débiles à la télévision, finissant par nous endormir côtes à côtes.
Ce soir là, le sommeil me boudait.

Je cogitais depuis un petit moment déjà, depuis que sa respiration s'était faite régulière. Je me disais que j'avais de la chance d'être couché à ses côtés et que notre petit manège me faisait un bien fou. C'est avoir tous les avantages d'une relation en couple sans en avoir les inconvénients.

En gros j'essayais de me convaincre que l'inévitable n'était pas déjà arrivé.


Il me parut alors évident que la seule chose à faire était de lui en parler. Je m'assis sur le bord du lit tournant le dos au miroir plaqué sur le mur.

Sanja dormait mais pas lui. Je sentais sa présence et n'avais pas besoin de me retourner pour savoir qu'il se tenait debout, à ma gauche ou à ma droite, la main posée sur le manche de son arme.
Sanja se réveilla et constatant que j'avais bougé de place, me demanda se qui se passait.
Voulant gagner du temps, je prétextais une insomnie due à des chansons qui trottaient dans ma tête. L'excuse était pitoyable, mais à quatre heures du matin, elle suffit à Sanja.

Un vent glacé parcouru la pièce. Un avertissement.

Avouer mes sentiments à Sanja reviendrait à ruiner notre relation. Je pris donc le parti de ne rien lui dire, ne voulant pas perdre ce que j'avais. Egoïsme, mensonge et trahison. Coupable, coupable et encore coupable.


Le réveil fut difficile mais je fis semblant que tout allait pour le mieux. Je sais bien faire semblant. Elle ne se douterait de rien tant que je jouerai la comédie…
Je dormi peu les nuits suivantes, l'idée de voir surgir le Gardien de Zao à chaque coin de rue m'hantait. Mais les semaines passèrent sans que rien ne change. Ni notre amitié devenue fausse, ni les sentiments que je tentais en vain de refouler. Je ne cédais pas à la paranoïa et mettais même convaincu être hors de porté de son garde. Comment pourrait-il m'atteindre alors que Sanja ignorait la vérité?

Puis un jour...
Je venais de commencer le boulot lorsque elle m'appela, gaie comme un pinçon pour m'informer… que son ex avait reprit contact avec elle.
Soyons clair, il est un certain nombre de choses que je me sais capable d'encaisser, les dents serrées. Mais ça…

Mon cœur ne fit qu'un tour, déconnecta tous les réseaux de la raison, la compassion, l'empathie, l'amitié et tous autres barrages que j'avais montés depuis ma révélation.

Je lui répondis, froid comme de la glace, que si là était la raison de son appel, elle pouvait tout aussi bien aller se faire foutre. Et moi de raccrocher.

Une seconde passa, puis deux. J'avais peine à réaliser ce que je venais de faire à Sanja. J'étais un monstre. Mais un monstre qui venait de berner une force supérieure. Je cherchai tout de même un miroir pour voir si le gardien pouvait agir à distance mais lorsque j'en trouvais un je n'y vis que mon mon mon …

Je tombe à genoux.
Quand ai-je perdu la capacité de le voir.

Ma chemise est percée en trois endroits. Egoïsme, mensonge et trahison.

Œil pour œil, dent pour dent. Je n'ose imaginer l'état de Sanja.
Zao, pardonne moi.

J'ai froid. J'ai froid malgré le liquide tiède qui…





8 gribouillage(s):

Tonio a dit…

Merde c'est vraiment long. En fait c'est la plus longue chronique du blog. Wouahou.
Au passage, Sanja se lit Sagnia. C'est un prénom british. C'est jouli non?

bibi a dit…

Non, c'est pas joli, Sanja qui se lit Sanja est plus joli.

J'aime bien ta petite chronique mon poussin, mais tu fais chier à ne pas éviter les fautes, même à la première phrase.

Bisous!

Tonio a dit…

Bibi, je te propose un truc, tu copie la chronique, la corrige, me la renvoie et je la re-post exempte de toutes fautes.
si ca te branche...

Brice a dit…

La page arrachée aura au moins produit une belle chronique. Comme quoi les muses ne sont que de vieilles catins sadiques.

Brice a dit…

Hum... Je ne parlais pas de Sanja, mais des muses dans l'absolu, dans le sens le plus abstrait du terme... Pour précision. :D

Tonio a dit…

Brice... tu compte t'enfoncer encore un peu et moi avec, ou tu t'arrêtes là?

bibi a dit…

Ouais sympa la proposition, mais on va plutôt dire que la prochaine tu m'l'envoies et j'essaie de la corriger avant qu'tu la postes... :D

Vinnie a dit…

Ah ok, le héros n'a pas vu le gardien pasqu'il s'était éloigné de Sanja, spoursa !