jeudi 21 février 2008

Et si ce souâââr...

Je me souviens en Australie, il ya un peu plus d'un an, que j'avais chopé un coup de froid monumental qui m'avait cloué au lit (ou plutôt dans le canapé) pendant plusieurs jours. Je me souviens aussi que j'avais reçu au même moment, un colis de ma famille rempli de petits gâteaux alsaciens. Ça m'avait remonté le moral.

Le fait est que je suis malade depuis deux jours. Rien de grandiose, tout juste une bonne vieille crève qui vous bouche les oreilles, le nez, les sinus, qui vous fait des chaux-froids et qui vous brûle la gorge quand vous déglutissez. C'est de ma faute, j'ai pas mal fait la noce cette semaine pour évacuer le stress (on bosse vraiment comme des connards depuis quinze jours). Bars, boîtes et afters ne manque pas à Verbier donc ce fut facile de se retrouver en T-shirt à 4h du mat' sur la place central du village. J'avais chaud -et ca intéressera ceux à qui ce post s'adresse- d'avoir dansé la tecktonik trop longtemps. Hum hum...bref.
Je suis malade mais pas assez pour pas aller bosser.
Avant hier ça allait, j'avais une petite journée, mais hier j'en étais pour 11h non-stop. J'ai senti que la journée serait longue. J'arrive dans le resto à 11h avec deux grammes de Doliprane dans le sang et six autres dans la poche. La terrasse est déjà blindée... et merde.

"salut Marie. j't'embrasse pas j'ai la crève.
-Salut Antoine. Ya un colis pour toi sur le congèl de la réserve.
- non? -si!"

Je suis malade et je recois un colis.
Surprise.
Un colis de la famille, la famille LUDI.
Excitation.
Je déchire l'emballage.
Empressement.
Le contenu s'étale devant moi.
Boule dans la gorge.
Il y a un mot, des écritures différentes. Certaines me sont familières.
Ca commence par "Salut fils de pute" Yves.
Et puis il ya "Coucou mon p'tit loulou".
Et oui, Filou, tu es bien mon professeur préféré.
Quoi! Les Tshirts sont des modèles uniques!!! rhhôôôoo
Promener des chiens boiteux, c'est chiants. Merci.
Et ça continue comme ça pendant une page


Je l'ai relu trois fois en une demi-heure et cent fois depuis.
Alors voilà comment on transforme une journée de merde tout juste commençante en une journée de merde étonnamment courte, fredonnant un hymne par ci, un TTC par là. Une journée à sourire pour de vrai.

Alors Merci. Merci Bibi, Dr. Yvil, Nestelle, Filou, Juju&Laëti, Matthias, Nico, Popo, La Belle Cécile, Vinnie, FaF, Ramz, Mélanie, Préz Momo, Mister R, Flo. Merci pour le remontant.
Si vous saviez comme ça manque de kebab et de rue Bayard en Suisse. Y'a même pas D'U2 ni de Cap. Bref ça manque de vous partout.

Je vous enverrai bien des chocolats pour votre WE d'impro, mais j'ai peur qu'ils n'arrivent point à temps. Je vous en ramènerai lors de mon retour, avec un bel accent suisse.

En attendant je vous fait li bisoux.

LUDIIIIIII PAWAAAAAAAAAAAAA

lundi 11 février 2008

Il n'a jamais eu une chronique à lui et pourtant je pourrai en faire un paquet. Mais celle-ci me pédalait dans la tête depuis un certain temps, alors pour l'occasion…

Joyeux Anniversaire Papa.

A chacun son évasion

Dans son vieux pardessus râpé, il s'en all ah non, pardon c'est pas ça. Je recommence.

A chacun son évasion

Dimanche, 7h30. Bon sang que je maudits le ciel de m'avoir donner une passion qui exige un lever si matinal. J'aurai pu avoir droit à la lecture, la cruxiverbie, la natation ou le jardinage comme certains chanceux.
Manque de bol, moi je monte des cols en vélo. Et ça me passionne. Bon, là tout de suite, je suis grognon mais dans quelques heures je revivrai.

Bol de café, p'tit déj de champion, hier j'ai mangé des pâtes : Je suis gavé d'énergie.

J'enfile mon cycliste et mon maillot Pink Floyd puis jette un œil dans mon sac pour vérifier que tout y est : affaires de rechanges, barres de céréales, bananes, gourdes, lunettes de soleil, mitaine, casque, appareil photo et mon IPod Shuffle rempli d'un Go de jazz. Tout est là. Enfin je pense… Je vérifie une deuxième fois car j'ai une fâcheuse tendance à oublier des trucs – une fois, j'ai oublié ma roue avant et je m'en suis rendu compte en déchargeant le vélo. Bonjour la balade!

La maison est encore endormie lorsque je referme la porte derrière moi. J'ouvre celle du garage doucement et soudain il est là, devant moi, appuyé sur le coffre de la voiture, comme je l'avais laissé hier. Cadre 70% en carbone, le reste en alu ; système dérailleur et frein montés en Shimano LX, rayons des roues profilés, selle de compèt' ; le tout commandé sur internet et monté sur mesure. Léger comme une plume et cher comme une ferrari. En le voyant, mon fils n'a pas pu s'empêcher de calculer le prix au kilo. C'est plus cher que du caviar selon lui.

Je le charge dans le coffre avec une infinie précaution, sans oublier d'y mettre la roue avant. Je balance mon sac sur le siège passager, démarre et m'engage dans l'allée sans perdre une seconde. J'ai une longue semaine à oublier.

Les Pyrénées se rapproche doucement tandis que je repasse mon itinéraire dans ma tête.

Le col de Savoleyre, une douceur que j'ai préparer la semaine dernière. Départ 946m sur le plateau de la Touwna, arrivée 2175m à Savoleyre, je vous laisse faire le compte du dénivelé… Je l'ai déniché dans la rubrique "cols insolites" du site web du C.C.C (Club des Cent Cols, et oui). Il a ceci de spécial que, partant d'un plateau d'altitude, son profil décrit une courbe en constante augmentation. La pente fait 6% sur le plateau puis s'accentue au fur et à mesure pour atteindre, dans les 800 derniers mètres un valeur de 22%. Et 22%, c'est beaucoup.

(…)

Dernier lacet, le sommet se profile au loin. J'ai coupé la musique parce que le sang qui me bats les tempes m'empêche d'entendre quelque son que se soit. Je ne pense plus à rien. Je ne vois plus rien. Mon regard est fixé 800m plus loin. Ca y est, mon esprit est vide, vidé du boulot, de la famille, des amis, et de leurs problèmes respectifs qui sont les miens aussi.

Mes jambes me font mal à chaque coup de pédale, l'air brûle mes poumons et ma vue se brouille un peu. Je ne suis plus qu'un corps empli de douleur, mais bon sang, JE SUIS!!! Je me sens exister à mesure que le sommet s'approche et dieu sais qu'il n'a jamais été aussi près…

Sourire sur la photo au sommet d'un col n'est jamais difficile, j'ai tellement de dopamine qui coule dans mon sang après cet effort que je suis déjà euphorique lorsque je tends mon appareil au premier badaud qui passe. Un cliché, une pancarte moi et ma monture.

Je me calme, mes pensées se clarifient et je peux enfin jouir du paysage montagneux qui s'offre à ma vue. Je suis convaincu qu'un tel panorama et plus beau quand on l'a mérité. Et j'en ai mérité chaque image.

J'ai semé ma vie dans les lacets pour ces quelques instants d'abandon de soi et je suis bien décidé à ne pas en perdre une miette. Mais il faut se dépêcher, on a trop vite fait de retrouver le fil de ses pensées, de renouer avec ses démons. On en a tous. Alors j'enfourche de nouveau mon bijou après une rasade d'Isostar et met un point d'honneur à les semer dans la descente.