Verbier v2.0
Il y a un an, je mettais pour la première fois de ma vie les pieds à Verbier et de par là même, dans le monde des saisonniers.
En quelques jours:
- Je rencontrais plus de têtes que ma mémoire ne pouvait retenir de noms ;
- Je ne prenais pas la peine de traverser la rue pour saluer quelqu'un que j'avais rencontré la veille de peur de ne pas être reconnu ;
- Les journaux titraient leurs unes sur l'enneigement exceptionnel de la station ("Du jamais vu depuis dix ans") ;
- Je me devais de retenir les noms de tous les bars ainsi que le nom qu'ils portaient les années précédentes pour suivre le fil d'une conversation ;
- Je répétais la même histoire encore et encore ("salut moi c'est Antoine ou Tonio, oui c'est ma première année ici, je bosse à la crêperie, Rizo? oui le connais je suis venu avec lui et non je ne suis pas de Cherbourg") ;
- Je faisais toutes les démarches administratives dans le désordre : Pour ouvrir un compte à UBS il faut un papier de la mairie, pour avoir le papier de la mairie il faut être assuré, et pour être assuré il faut avoir signé son contrat de travail. J'avais commencé par UBS ;
- Je n'avais jamais dit "comme d'habitude" au barman et vu mon vœux s'exaucer ;
- Je ne connaissais pas la croûte valaisanne, le panini bagnard, la williamine, l'abricotine, le nom du marchand de journaux qui est frère jumeau du marchand de ski, la carte de mon resto, mon bar préféré, la courbe de chaque piste de ski du domaine, les hors pistes sympa.
Et tellement plus encore…
Alors cette année, je suis de retour à Verbier et c'est plus moi le nouveau. C'est un sentiment délicieux. Comme passer en cinquième au collège ou en première au lycée. Finir sa première année de Ludi.
On n'est pas encore le roi mais c'est tout comme.
Tout est là, pareil. Et pourtant tout est différent :
- Je me rappelle de presque tous les noms ;
- On traverse la rue pour me saluer et j'en fais de même dès que l'occasion se présente ;
- Il y a encore plus de neige cette année mais les journaux n'en font pas leurs gros titres ("du jamais vu depuis un an" ça impressionne pas.)
- Je vois quels bars ont changés de propriétaire durant l'été et me souviens ce à quoi il ressemblait avant ;
- Je raconte la même histoire encore et encore, sauf que c'est celle que ce que j'ai fait durant cet été ;
- Je fais les démarches administratives exactement dans le même mauvais ordre que l'an dernier… ;
- Et enfin et surtout le patron de mon bar favori, en me voyant arriver s'est écrier "bon on va pouvoir commander un caisse de porto de plus par semaine" puis s'adressant à moi "comme d'habitude?!"
C'est bon.
A plus les loulous pour les premières photos sur les pistes blanches... mouhahahahahahaha